Décryptage : Point fort des interventions dans l’émission en synergie des radios sur la PTPE

Le Réseau des médias Africains contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme, section de Centrafrique (REMASTP-CA) avec l’appui technique de l’Association des Radios Communautaires (ARC),  a organisé une émission en synergie le 09 novembre 2013, relayée sur l’ensemble des radios du pays autours de Prévention de la Transmission du VIH Parent/Enfant (PTPE).

hum

Cette émission est produite dans le cadre de la campagne médiatique sur la PTPE en situation d’urgence humanitaire en Centrafrique, initié par la Coordination Nationale du Comité National de Lutte contre le Sida avec l’appui technique et financier de l’Unicef.

 « Objectif zéro d’ici 2015, l’élimination de la transmission du VIH Parent/Enfants : réalité ou fiction en Centrafrique ? », c’est le thème de l’émission  qui a réuni sur le plateau du studio de la Radio Notre Dame Dr. Octavie NDANGA, responsable PTPE au Ministère de la Santé Publique, de la Population et de la Lutte contre le Sida,  Dr. NDANGA Séraphin de la CN-CNLS, bénéficiaire de la subvention du Fonds Mondial, Dr. Marcel Massanga, conseiller en épidémiologie à la CN-CNLS, M. Théodore Drapeau, Coordonnateur du groupe de soutien PTPE, Mme Cécile Ndoli, point focal VIH à l’UNICEF et de M. Daouda MOUNIA de l’UNICEF.

Animée par Fidèle Ngombou, journaliste à la Radio ICDI de Boali, cette rencontre médiatique a permis d’abord aux professionnels des médias de Bangui et de l’arrière pays de faire l’état de lieux de la situation du VIH avant et après la crise avant de traiter les obstacles à la réussite du programme PTPE, quelques avancées de ce programme et les nouvelles orientations sur cette thématique.

Au cours du débat ouvert à cette occasion, il ressort que l’élimination de la transmission du VIH parent/enfant d’ici 2015 demeure une fiction en Centrafrique compte tenu du cycle récurent de la violation et du faible financement des activités de lutte contre le Sida.

drap

Pour M. Théodore Drapeau, il est urgent que le groupe de soutien ait un plan d’action en cette période post-conflit pour structurer son intervention auprès des bénéficiaires.

Cependant, M. Daouda a relevé l’importance de mettre en place un programme visant à atteindre les adolescents afin de les préparer à éviter les nouvelles infections à VIH. « On ne peut pas attendre que les femmes soient infectées pour démarrer le programme PTPE. Il est urgent d’attaquer le mal par la racine » a –t-il déclaré. Pour lui, « si rien n’est fait, l’élimination est une fiction ».

L’état de lieux de la lutte contre le Sida avant et après la crise reste préoccupant sur l’ensemble du territoire national.

Sur les 106 sites de prise en charge de la PTPE, 24 sites seulement fonctionnent. Or, la CN-CNLS avait prévu d’atteindre 200 d’ici 2016.

Avant la crise,  25  sites des groupes de soutien étaient opérationnels sur 106. Après la crise, la situation est devenue plus difficile, selon le coordonateur du Groupe de Soutien PTPE.

En plus de la destruction de certaines structures sanitaires, on constate le cas des perdus de vue, des déplacés, la fuite du personnel de santé, la rupture des médicaments dans les centres de prise en charge.

Les obstacles à la réussite du PTPE

Abordant la question des obstacles liés à la réussite de ce programme, un grand problème majeur se pose : les hommes n’accompagnent pas leurs femmes à la consultation prénatale. « Je me contente du résultat de ma femme, j’ai peur, j’ai la honte d’accompagner ma femme car, les gens vont me stigmatiser », a témoigné un habitant de Boali. « Pour moi, avoir le virus du sida c’est trouver la mort », a-déclaré un autre habitant.

Toutefois, les efforts ont été notés durant cette période : La disponibilité des médicaments, le suivi des perdus de vue, le dépistage gratuit du VIH et la prise en charge gratuite des femmes enceintes, infectées par le VIH.ok

Il convient de noter  que beaucoup d’effort reste à déployer pour réduire au maximum les nouvelles infections, prendre totalement les personnes infectées et éligibles, rouvrir tous les sites de prise en charge, revoir la politique et la stratégie de lutte contre cette pandémie.

Ces efforts nécessitent l’appui de l’Etat centrafricain et des bailleurs de fonds, l’augmentation du financement dédié à la lutte contre le Sida : 90% du financement provient de l’extérieur. « Il est important de mobiliser le financement à l’intérieur, engager le gouvernement à mettre un peu d’argent pour la lutte contre le VIH et le Sida en Centrafrique », a déclaré Mme Cécile Ndoli, point focal du VIH à l’Unicef.

Les nouvelles orientations

Dr. Marcel Massanga estime qu’il faut chaque année élaborer et valider le Plan opérationnel, organiser le plaidoyer auprès des partenaires, des opérateurs économiques nationaux, du gouvernement afin de mobiliser les ressources pour prendre en charge la lutte contre le Sida.

Pour Dr. Séraphin Ndanga, les organisations de lutte contre le Sida doivent bien suivre les enfants infectés ainsi que leurs mères. Pour ce faire, le groupe de soutien doit avoir dans chaque région sanitaire son plan d’action annuel afin de faciliter les interventions.

Sur un taux 4,9% dans la population générale,  la transmission  du VIH parent/enfant a atteint 12%, selon les enquêtes MICS 4 de 2010. L’objectif est réduire à moins de 5% d’ici 2016.

Fridolin Ngoulou

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s